Le 30 octobre 2025, à l’issue d’une série de négociations de haut niveau visant à apaiser les tensions commerciales, les États-Unis ont ont annoncé une pause d’un an sur la règle des 50 % d’affiliés récemment adoptée par le Bureau of Industry and Security (BIS) – uneréglementation qui étend les restrictions de contrôle des exportations à toute entité détenue à 50 % ou plus (directement ou indirectement, individuellement ou globalement) par des parties figurant sur la liste des entités, la liste des utilisateurs finaux militaires (MEU) ou certains ressortissants spécialement désignés (SDN) en vertu de l’article 744.8(a)(1) du règlement d’administration des exportations (EAR).
Cette décision s’inscrit dans le cadre d’un dégel plus large des relations commerciales entre les États-Unis et la Chine. Dans ce que le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a décrit comme « une occasion de réinitialiser les relations entre les États-Unis et la Chine », Washington a accepté de suspendre l’application de la règle pendant un an en échange de la suspension pendant un an par Pékin de son régime d’octroi de licences d’exportation de terres rares. Comme l’a expliqué M. Bessent, « nous allons suspendre cette [règle des 50 % du BIS] pendant un an en échange de la suspension du régime d’octroi de licences pour les terres rares ».
Mais pour les exportateurs, les importateurs et les équipes chargées de la conformité, cette « période de refroidissement » ne signifie pas que la chaleur a disparu. Cette pause permet de respirer, certes, mais elle soulève aussi des questions sur la suite des événements. La règle n’a pas disparu ; elle est seulement entrée dans l’ombre, pour l’instant. Le BIS a confirmé dans ses orientations officielles que la suspension est temporaire et que les dispositions initiales seront rétablies le 10 novembre 2026. L’agence a également indiqué qu’elle s’attendait à un rebond du volume de licences une fois la règle rétablie, ce qui indique que l’application de la règle reprendra pleinement.
Key Takeaways
- Le BIS, en accord avec les négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine, a accepté de suspendre l’application de la règle des affiliés pendant 12 mois.
- La période de suspension effective de la règle des affiliés s’étend du 10 novembre 2025 au 9 novembre 2026.
- Ce délai permet aux exportateurs et à leurs équipes chargées de la conformité de disposer d’une marge de manœuvre pour ajuster/mettre à jour les systèmes, définir les responsabilités et former les équipes.
- Mais le risque n’a pas disparu. La pause n’est pas une abrogation.
Rappel rapide : L’objectif de la règle des 50 % d’affiliés de la BRI
Le BIS a publié la règle finale provisoire (IFR), qui entrera en vigueur le 29 septembre 2025, afin d’empêcher les entités figurant sur les listes de parties refusées d’acheminer des transactions par l’intermédiaire de filiales détenues majoritairement, comblant ainsi une faille bien connue.
Ce cadre reflète la « règle des 50 % » établie de longue date par l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du département du Trésor. Cet alignement était délibéré, et il a placé la barre plus haut en matière de diligence raisonnable dans les structures d’entreprise complexes.
Pourquoi la règle des 50 % de la BRI a-t-elle été suspendue ?
En coulisses, la décision de suspendre l’application de la loi semble être autant un geste diplomatique qu’un ajustement de la réglementation. La règle des sociétés affiliées a eu des implications considérables pour la Chine, qui est devenue l’un des principaux points de négociation lors des récents pourparlers commerciaux.
Selon des estimations récentes, le nombre d’entités chinoises inscrites sur la liste noire en vertu de cette règle pourrait être passé d’environ 1 300 actuellement à plus de 20 000, soit une multiplication par 15 du « rayon d’action » des entreprises dont l’accès aux exportations américaines est interdit.
Un tel impact risque de perturber le commerce bilatéral dans les secteurs clés de la technologie, de la fabrication et de la logistique, tout en obligeant les entreprises américaines à réévaluer du jour au lendemain des milliers de relations avec leurs fournisseurs et leurs partenaires.
Parallèlement, la Chine a accepté de suspendre ses projets de contrôle des exportations de minéraux à base de terres rares, une concession essentielle compte tenu de l’importance de ces matériaux pour les industries américaines de la défense et de l’énergie propre.
Tableau 1. Chronologie de l’évolution des 50 % de la BRI : De l’annonce à la pause
| Date | Événement | Importance |
|---|---|---|
| 11 juillet 2025 | Le BIS annonce la « règle des 50 % d’affiliés » dans le cadre d’une initiative plus large de modernisation du contrôle des exportations. | Extension des restrictions aux filiales détenues majoritairement par des partis figurant sur les listes restreintes des États-Unis. |
| 29 septembre 2025 | La règle finale provisoire entre en vigueur, prenant de nombreuses équipes de conformité au dépourvu. | Le champ d’application mondial et le mandat « Red Flag 29 » introduisent une grande complexité au niveau des données et des opérations. |
| Du 26 au 30 octobre 2025 | Discussions commerciales de haut niveau entre les États-Unis et la Chine. | Les deux parties cherchent à stabiliser les relations commerciales ; les discussions portent notamment sur le contrôle des exportations. |
| 30 octobre 2025 | Les États-Unis annoncent une suspension d’un an de la règle des affiliés à la suite de négociations commerciales. | Dans le cadre d’un accord réciproque, la Chine suspend ses contrôles sur les exportations de minéraux de terres rares. |
| 10 novembre 2025 – 09 novembre 2026 | Période de pause en vigueur. Le BIS devrait publier des clarifications ou des amendements avant le rétablissement. | Les équipes chargées de la conformité disposent d’une courte période pour adapter les systèmes et la traçabilité des données de propriété. |
| À partir du 10 novembre 2026 | Réimposition des dispositions de la règle des affiliés | Avec le retour des contrôles fondés sur la propriété, il faut s’attendre à une augmentation du volume des licences d’exportation et à une nouvelle exposition à l’application de la législation. |
Question ouverte : Pause en Chine uniquement ou gel de l’ensemble du champ d’application ?
Un domaine d’incertitude préalable, à savoir la portée réelle de la pause, a maintenant été clarifié. Alors que les rapports initiaux, y compris la lecture de l ‘annonce par Reuters, présentaient la suspension comme ciblant les restrictions qui « rendent plus difficile pour les entreprises chinoises d’utiliser des sociétés affiliées », impliquant potentiellement un champ d’application spécifique à la Chine, la règle finale publiée par la BRI confirme un gel de l’ensemble du champ d’application. La suspension d’un an s’applique à tous les amendements introduits par la règle des 50 % d’affiliés de la BRI, également appelée règle de l’extension des contrôles des utilisateurs finaux aux affiliés de certaines entités cotées, indépendamment de la géographie.
La règle initiale sur les affiliés, entrée en vigueur le 30 septembre 2025, avait une portée mondiale, couvrant les exportations, les réexportations et les transferts à l’intérieur du pays vers toute entité détenue majoritairement (supérieure ou égale à 50 %) par des parties figurant sur la liste des entités du BIS, la liste des UEM ou les SDN liés à l’OFAC. La règle finale suspend désormais ces dispositions dans leur intégralité jusqu’au 9 novembre 2026, réaffirmant que la pause n’est pas limitée aux entités liées à la Chine mais s’applique à toutes les juridictions et à tous les secteurs.
Ce que cela signifie pour les exportateurs et les importateurs
Pour les exportateurs américains et les équipes chargées de la conformité, cette pause d’un an constitue un soulagement temporaire par rapport à ce qui aurait été une tâche importante de diligence raisonnable et de cartographie des données, en particulier pour ceux qui sont encore en train de moderniser les systèmes de contrôle ou d’intégrer les données relatives à la propriété dans plusieurs unités d’affaires. Elle permet également d’alléger la pression immédiate liée à la gestion de l’augmentation du nombre de demandes de licences d’exportation. Pour les organisations internationales, y compris les entreprises chinoises, il s’agit d’une brève fenêtre pour réévaluer les structures de propriété et l’exposition aux contrôles américains à l’exportation.
Du point de vue de la conformité, la pause signifie également une réduction temporaire du volume des licences d’exportation, puisque le BIS estime qu’environ 245 demandes de licence en moins seront soumises pendant la période de suspension. Toutefois, ce répit est de courte durée : la règle devrait être rétablie le 10 novembre 2026, sans indication d’annulation. Ainsi, la charge reviendra et l’exposition à la mise en œuvre augmentera probablement une fois que la règle sera à nouveau en vigueur.
En outre, le BIS a confirmé que cette action est exemptée de la loi sur la procédure administrative (APA), ce qui signifie qu’aucun commentaire public ou retard dans la date d’entrée en vigueur n’a été nécessaire. Cela souligne l’importance de suivre de près les actions du BIS, car les changements futurs peuvent être mis en œuvre rapidement et sans préavis.
En restant agiles et en considérant cette pause comme une période de planification stratégique, les organisations peuvent se positionner pour répondre rapidement aux futures exigences de conformité.
Risques liés à la conformité commerciale qui subsistent
Même si l’application de la loi a été retardée, le terrain sous lequel se trouvent les exportateurs a bougé. L’intention qui sous-tend la règle des 50 % d’affiliés du BIS reste inchangée. Son objectif, qui est de combler les lacunes en matière d’exposition indirecte, témoigne de l’engagement continu du gouvernement américain à renforcer la surveillance.
Pour les entreprises internationales, cela signifie que le paysage de la conformité continue d’évoluer. Quatre domaines de risque clés restent au premier plan :
1. Des attentes accrues en matière de diligence raisonnable
De l’exposition au travail forcé aux contrôles des exportations liés à la sécurité nationale, l’ambiguïté de la propriété est désormais un signal d’alarme majeur. Le principe longtemps défendu dans le cadre de la règle des 50 % de l’OFAC est en train de s’étendre – une plus grande transparence dans la propriété et les relations de la chaîne d’approvisionnement n’est plus optionnelle.
2. Augmentation du volume et de la complexité des licences d’exportation
Le BIS continue d’enrichir la liste des entités – deux fois au cours du seul mois dernier, y compris de nouvelles listes d’adresses seulement. Plus le nombre d’entités soumises à des restrictions augmente, plus il est nécessaire de disposer de flux de travail robustes pour les licences d’exportation, capables de gérer des déterminations complexes et d’accélérer les soumissions de licences.
3. Amélioration de la documentation et de la préparation à l’audit
Une politique de conformité ne suffit plus – la preuve d’une diligence raisonnable est la nouvelle référence. La capacité à retracer chaque décision, chaque licence et chaque résultat de contrôle renforce la crédibilité et la résilience.
4. Imprévisibilité opérationnelle
Lorsque les systèmes commerciaux, les approbations d’expédition ou l’intégration des partenaires dépendent de contrôles manuels ou déconnectés, le risque opérationnel augmente. Le renforcement de l’intégration de la conformité dans l’ensemble des processus réduit les perturbations et permet aux expéditions de continuer à circuler lorsque les réglementations changent à nouveau.
Préparation pratique pendant la pause
- Surveillez les orientations et les mises à jour du BIS, en particulier lorsque les préoccupations en matière de sécurité nationale et de politique étrangère influencent les réglementations.
- Documenter l’état actuel de la réglementation et mettre à jour les orientations internes en conséquence.
- Examinez et enregistrez les lacunes en matière de visibilité de la propriété et les limites connues des données.
- Évaluer les outils de dépistage avancés capables de détecter la propriété indirecte et agrégée.
- Affiner les procédures d’escalade en cas de déclarations de propriété ambiguës ou incomplètes.
- Renforcer l’archivage et les pistes d’audit pour démontrer la diligence en cas de reprise inattendue de l’application de la législation.
- Évitez de démanteler ou d’interrompre les initiatives de conformité en cours, en particulier celles liées au contrôle de la propriété et à l’intégration des données.
- Prévoir des pics de volume de licences d’exportation et un risque accru de mise en œuvre après novembre 2026.
En conclusion
Dans un paysage réglementaire où les règles peuvent apparaître et disparaître plus rapidement qu’une tendance saisonnière, rester réactif ne suffit pas. La pause de la « règle des 50 % d’affiliés » de la BRI nous rappelle que l’agilité et la prévoyance sont essentielles.
Bien que la règle soit en suspens, la menace de son application n’a pas disparu. L’opacité de la propriété, les faiblesses du filtrage et les angles morts en matière d’octroi de licences constituent toujours des risques importants. Les solutions de conformité à l’exportation de Descartes permettent aux équipes d’anticiper les changements, de s’adapter rapidement et de rester confiantes, que les règles soient actives, en pause ou en évolution.